Le Feldenkrais entre mythe et réalité

Le Feldenkrais entre mythe et réalité

Le Feldenkrais :
entre mythe et réalité*

16

SEPTEMBRE, 2026

Auteur

Nathalie Touaty,
praticienne Feldenkrais,
depuis 2004.

Catégories

La pratique de la méthode Feldenkrais vient très souvent [mais pas uniquement] à l’esprit des personnes, qui après une blessure, ou du moment que certains troubles musculaires ou osseux apparaissent.
Le danseur, le sportif (blessé), la personne avec une mobilité de moins en moins facile à réveiller, viennent chercher une pratique douce, relaxante.
Au fil du temps, la méthode devient plus connue pour ses effets que pour ce dont elle est vraiment.
Défaisons ensemble quelques mythes ou idées fausses, et comprendre cette méthode issue de la rencontre entre la science et les arts martiaux.

Le Feldenkrais: c’est ? C’est pas ?

À propos de l’étirement

Mythe : On étire les muscles doucement pour améliorer la flexibilité

Réalité : sans s’étirer , plus ou moins loin, il s’agit, il s’agit d’apprendre à organiser son mouvement différemment, au travers de l’exploration, de la sensation et la prise de conscience.

À propos de la lenteur et de la douceur

Mythe : si c’est lent ou subtil, cela ne doit être ni efficace, ni puissant

Réalité : Les mouvements exécutés lentement peuvent amener des différences subtiles plus faciles à Sentir donnant au système nerveux plus d’informations à partir desquelles apprendre.

À propos des douleurs et des blessures

Mythe : c’est seulement pour la rééducation et des personnes faisant face à des problèmes

Réalité : le Feldenkrais est pour quiconque veut améliorer sa façon de bouger, des activités quotidiennes à la danse, la pratique instrumentale, vocale, le sport et la performance.

À propos du praticien, de son savoir

Mythe : Le praticien sait ce qui est bon pour vous et vous corrige

Réalité : la méthode Feldenkrais n’est pas une méthode corrective. Avec la voix ou le toucher, le praticien crée les conditions pour que votre système nerveux découvre des chemins de mouvement et d’action plus confortables et efficaces pour mieux bouger et être mieux.

À propos des façons de bouger

Mythe : la méthode Feldenkrais permet de trouver une façon idéale de bouger et de la reproduire

Réalité : en Feldenkrais, il s’agit de développer des options, de liberté, de choix, d’adaptabilité.Cela aide le système nerveux à être plus conscient, plus attentif, plus flexible et apte à ce que la vie apporte.

Notes :

* – Article inspiré d’un post sur Instagram , de la fédération australienne de la méthode Feldenkrais®

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La « Prise de Conscience par le Mouvement »

La « Prise de Conscience par le Mouvement »

« Awareness through Movement « 

De quelle conscience s’agit-il ? Ou ne serais-ce pas plusieurs consciences ?

La leçon en groupe de la méthode Feldenkrais® nommée « Prise de conscience par le Mouvement »,suit un processus de coordinations, a son vocabulaire propre afin de guider le mouvement ; c’est aussi un processus qui nous entraîne à porter notre attention. Curieux-ses de nous-mêmes, nous entrons dans une forme d’intimité, de connaissance profonde.

Qu’on soit allongé-e au sol, assis-e d’une façon ou d’une autre, parfois debout, le cours se déroule avec une prise de contact avec soi-même, de l’observation et de l’écoute.Des repères s’installent sur lesquels le geste , le mouvement peuvent se développer. Guidé-e par la voix de l’enseignant-e, l’attention à soi au travers du mouvement se produit.

Pour cette expérience exploratoire ou expérimentation de la « Prise de Conscience par le Mouvement », de quelle conscience parlons-nous ?

Si en anglais 2 mots relèvent des deux définitions distinctes : « consciousness » et « awareness », le français n’a qu’un seul mot qui doit être compléter : en effet nous pourrions distinguer plusieurs consciences, plusieurs états de conscience.

Il y a la conscience de nos actes , qui peut devenir une conscience morale selon notre propre système de valeur.

Il y a la conscience comme savoir : elle s’oppose à l’ignorance ; elle peut aussi être une conscience de la connaissance qui conjugue celle des actes et celle d’un savoir crée par l’expérience, par de l’expérimentation.

Puis il y a une conscience d’éveil qui indique un état de présence à la réalité, qui est rarement stable.

Celle que nous traversons en Feldenkrais , lors d’une « Prise de conscience par le mouvement », pourrait être à la fois un état de corps qui nous rend présent à la réalité. Et si parfois on s’évade dans une rêverie, ou dans les pensées des soucis quotidiens, un état de présence, de se sentir disponible, s’invite de plus en plus rapidement, et fréquemment, par une pratique régulière. Le contact au sol, donner son poids au sol, deviennent les prémisses de cette présence spontanée à soi-même.

L’enseignant-e nous invite à sentir. Si ce sentir peut paraître mystérieux, ou lointain et nombre d’entre vous m’indique qu’il peut l’être, nous pouvons au cours de la leçon reprendre contact avec la sensation, avec un sentiment d’habiter notre corps.Ces moments où l’on passe d’une observation de soi extérieure , à une conscience comme sensation deviennent un puzzle qui de leçons en leçons, nourrit une image de soi plus complète.

Avec le mouvement nous pouvons prendre conscience des actions demandées, dans une attention affinée de nos coordinations, de l’intention que nous avons du geste, de la manière dont on l’agit. Nos façons de faire s’agrandissent et nous élargissent ; les habitudes sont plus souples.

La clé c’est « awareness » : que l’on peut traduire par l’attention vigilante. Cette attention peut être dirigée vers une partie de soi-même ; elle peut souligner une sensation, elle peut être plus globale, enveloppante. Cette attention vigilante mobilise non seulement une énergie mais mobilise un engagement dans l’action et sa qualité : la lenteur, l’écoute le contact à soi créent un « être avec » : nous sommes avec l’appui du sol , avec ce qui freine dans le mouvement, avec les limitations qui se lèvent, les mobilités nouvelles et ajustées aux anciennes, les habitudes et les mouvements non-habituels. Cette attention dans un « être avec », apporte calme et détente.

La conscience de soi, réflexive, à ce à quoi et par quoi nous avons pris conscience (des représentations, des habitudes, des potentiels ) vient objectiver la leçon tout en percevant un sentiment intérieur immédiat, dans un contact à soi immédiat : on se sent touché en soi, par soi-même.

Au moment de la fin de la leçon, des signes de retrait de l’enseignant-e sont perçues par l’élève. Des signes donnés par la voix, le rythme, la tonalité, un silence, voir même un rituel verbal pour clôturer, permettent à la personne de se retirer de cet engagement, de laisser l’attention se décentrer un peu d’elle-même pour se centrer sur l’environnement. L’état de corps modifié, le tonus modifié , la personne se lève et prend conscience de changements.

La leçon s’assimile et elle continuera d’être assimilée acceptée, dans la marche, au-dehors.

Sport et Feldenkrais : une autre voie pour la performance

Sport et Feldenkrais : une autre voie pour la performance

Sport et Feldenkrais :
une autre voie pour la performance

8

AVRIL, 2024

Auteur

Nathalie Touaty,
praticienne Feldenkrais,
a été danseuse et chorégraphe.

Catégories

Les Jeux olympiques 2024 vont bientôt s’ouvrir. Le sport de très haut niveau va devenir spectacle pour le plaisir de tous ; le public va s’émerveiller : les yeux vont briller d’émotions.
Derrière ces moments, il y a beaucoup de sacrifices, d’ascétisme, de volonté de soi.
La méthode Feldenkrais, qui est bien plus qu’une gymnastique intelligente, une mise en
mouvement, permet de développer les capacités physiques, mentales et émotionnelles d’une autremanière.

« We do not want to strengthen the will, but the ability » nous dit Moshe Feldenkrais

Le corps, une unité somato-physique et psychique

Le corps est souvent – et malheureusement – vu et vécu comme un outil, un moyen pour arriver à nos objectifs. Cela est pourtant loin de la réalité.
Le corps est un ensemble physiologique sans lequel notre cerveau ne pourrait pas fonctionner.
Cette unité corps-esprit s’éloigne d’une pensée magique qui nous amènerait à créer des états de conscience particuliers…
Et pourtant nos corps résonnent et changent d’état selon ce qu’on vit ; l’environnement physique, social et émotionnel dans lequel nous vivons entraînent des attitudes perceptives et sensorielles propre à chacune, chacun.

Nos expériences de mouvements, d’espace, les autorisations parentales et autres ont conduit à des autorisations personnelles qui nous permettent d’appréhender le monde qui nous entoure, les relations.

Quand on pratique un sport, ou un art il s’agit en premier lieu d’apprendre des coordinations, des techniques, puis de devenir expert, de trouver son style, et sa relation aux limites comme à ses succès. Nous pouvons observer nos postures, nos souplesses et nos manques de souplesse, nos mobilités et nos absences de mobilité.

Il est peu interrogé le fait que certaines potentialités ne sont pas à débloquer par un surentrainement, par plus d’efforts pour y arriver mais qu’elles peuvent être libérées par des stratégies.
Le sportif ou l’artiste – comme le danseur ou le musicien, le circassien – passe des paliers, s’améliore puis son apprentissage peut cesser, par exemple, soit à cause d’une blessure, soit par un manque de plaisir, soit par l’incapacité à changer des habitudes gestuelles.

Pour cet apprentissage s’organise un dialogue intérieur : le prix à payer pour devenir meilleur, plus performant tout en gardant – si possible- le plaisir.

Que se passe-t-il quand nous atteignons un plafond ?

Que la performance soit sportive ou artistique, les sportifs et les artistes connaissent au cours de leur carrière un palier difficile à franchir.
Alors on cherche à améliorer la posture, on cherche à augmenter sa masse musculaire, on augmente sa résistance musculaire, on augmente l’endurance.
Mais que se passe-t-il quand le sportif ne peut dépasser le seuil de certaines compétences expressives et de coordination, le seuil de certains résultats ?
Que se passe- t-il quand le sportif a développé une compétence technique optimale mais qu’un seuil ne peut être dépassé ?

À quoi ça tient-il ? Ça peut se jouer … à rien…

Les danseurs, les comédiens, les chanteurs pratiquent pour beaucoup des méthodes d’éducation somatique. Ils y trouvent une autre façon de s’échauffer, sans forcer sur la musculature ce qui libèrent des tensions, et à long terme des mémoires traumatiques comme les blessures physiques.
Ils y trouvent un nouveau dialogue avec leur tonus. Ils prennent conscience de la manière dont leurs gestes se font: la prise d’appui pour une coordination complexe, les habitudes posturales, la façon de respirer.
Ils cherchent à modifier les pré-mouvements (une pré-organisation posturale et intentionnelle nécessaire au geste) à trouver ceux qui soutiennent l’expressivité, à changer leur imaginaire du geste.
Depuis plusieurs années, s’entraîner à un très haut niveau ne s’arrête plus au seul travail technique et musculaire. Les coachs utilisent le sensible par du dialogue verbal, du soutien psychologique, des techniques de visualisations et des approches neurocognitives sont intégrées.

Avec la méthode Feldenkrais, nous partons de ce que le sportif sait faire, dans l’aisance. A partir de la prise de conscience de comment il, elle s’organise dans son niveau optimal, nous créons des transferts d’apprentissage vers ce qui est moins performant ou ce qui s’inhibe involontairement et devient absent du geste, ou un geste manquant 2 .

Si par exemple, pour faire une pirouette qui finira en chute, la difficulté n’est ni de tomber, ni de faire la pirouette , mais ce passage qui doit se faire rapidement : est-ce que la tête tient trop ?
Est-ce un bras qui anticipe et par là même empêche?

Ou si un nageur tourne la tête d’une fraction de seconde en retard ce ne sont pas ses cervicales, ou sa musculature qui ne répondent pas, mais peut-être est-ce sa respiration, ou sa manière de
prendre appui sur l’eau qui pourrait changer ? Est-ce que l’apprentissage d’une coordination subtile entre les yeux et la respiration viendrait l’aider et l’améliorer ?

Ces questions trouvent leur réponse dans un dialogue entre le praticien et l’élève : un dialogue verbal et par le toucher vient développer les stratégies de mouvement pour modifier une habitude et trouver l’accès à l’amélioration.
C’est un changement dans le vécu. En modifiant l’accès à la technique, en jouant avec l’environnement et l’imaginaire du geste, on développe une disponibilité bien utile à la performance.

La recherche en sport confirme cela

Une étude a montré que les plus grandes performances sont dues à un état de disponibilité optimum. Quel est cet état ? C’est un dialogue tonico-postural qui s’exprime par : une capacité à agir dans toutes les directions, à pouvoir changer de direction au cours de l’action, à n’avoir aucune pensée parasite. Comment ne pas créer ces parasites ? C’est un regard ouvert, c’est une stabilité-mobilité dans la posture. Cela passe par un travail de multiplications des coordinations, de l’ouverture de la perception par des entrées d’attention à soi variées. Si l’état du sportif est trop dans la concentration, il perd une disponibilité et une adaptation ; si son intention du geste se dirige uniquement sur le résultat il y perdra son énergie par trop d’effort volontaire. Dans un article 3 , « le simple fait de se tenir debout… », Thierry Paillard de l’Université de Pau et de l’Adour, chercheur neurophysiologiste, établit les paramètres de ce debout. Travailler sur la proprioception et sur l’attention permet de développer la capacité à traiter les informations qui nous arrivent de l’extérieur et aussi de l’intérieur. C’est source de capacités à agir, à choisir. Par la pratique sportive nous pouvons améliorer notre capacité à être debout, en équilibre mais aussi comme sportif en améliorant les différentes entrées sensorielles, attentionnelles et perceptives nous pouvons atteindre d’autres résultats en nous économisant, avec une meilleure énergie, régulée et une récupération physique et émotionnelle plus complète. Pratiquer la méthode Feldenkrais™ – comme d’autres méthodes d’éducation somatique- n’est pas antinomique avec l’entraînement classique mais bien complémentaire. Cela contribue au plaisir et au désir de poursuivre sa pratique.

Notes :

1 – Moshe Feldenkrais naît en Ukraine le 6 mai 1904 et décède à Tel Aviv en 1984 ; il créa la méthode à partir de son expérience d’expert en judo, de ses recherches en neurosciences et en pédagogie du mouvement
ayant été lui-même chercheur en science physique.
2 – Notion empruntée à Hubert Godard, maître de conférence à l’Université Paris8, analyste du mouvement dansé

Extrait d’un cours debout

Offert par Nathalie Touaty

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Retours sur le stage d’été 2022

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28

JUILLET, 2022

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Des témoignages riches par leur différence ; ils ont toute leur place dans ce blog !
Merci à tous les participants

« J’ai apprécié la différence entre les séances intériorisées et les séances dynamiques. En sortant de
l’intériorité, on voit la finalité de la méthode, et son apport pour le quotdien. Je me sens mieux après un
surmenage corporel. »

Patrick

« Pour ces moments qui m’habitent et m’enivrent, merci. »

Béatrice

« Très contente; j’ai un sentiment d’ouverture. Je ne pensais pas être aussi libre dans une contrainte et
gagner en liberté dans la contrainte ! »

Elisabeth

« À la fin du stage , je respire mieux et je peux jouer avec le ballon de la respiration. »

M-N

« J’ai une conscience très forte de mon squelette après ce stage. »

Noëlle

« Bonne ambiance de groupe. L’alternance de séances intériorisées et dynamiques a créé du renouveau.
J’ai vue que je progressais chaque jour, avec légèreté et en confiance. »

Rosalie

« Merci, Le chemin parcouru permet de déterminer le chemin à parcourir. »

Gabriel

« Assez flou , vers quoi cela peut aller. L’intériorité est ma zone de confort. Mais avec les séances dynamiques, un potentiel s’ouvre. »

Brigitte

« C’est très confortable de ne pas mettre de mots pendant les séances. Quand on a conscience des détails, des choses fines, changer de point de vue sur le mouvement de l’intérieur m’a intéressée…en ne s’occupant pas de l’extérieur. »

Katerini

« Nouvelles découvertes , ou retrouvailles ? Des possibles ont émergé que j’avais imaginé comme impossibles, ou plus possibles. Grâce au travail avec toi, aux rencontres qui ont donné envie de poursuivre, d’oser. J’ai retrouvé des sensations dans l’audace : des parties de moi retrouvées : ça donne de l’espoir. Je vois le bénéfice d’un stage intensif, et la complémentairité avec la marche. »

Anne

« Ce stage long, avec la succession de séances intériorisées et dynamiques, a été réjouissant et mobilisant. J’ai dépassé des peurs. J’ai été aussi différente dans mes habitudes avec le groupe. »

Isabelle

« C’est une grande découverte mais cela est restée difficile : surtout les séances intériorisées. Peut-être venir en séance individuelle serait une bonne chose ? »

Laurence

« Pour la 1ère fois, je finis le stage en ayant la pêche, positive. Ce qui me convient le mieux c’est ce qui est intériorisé ; les grands mouvements me coûtent. »

Régine

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Moshe F. et Doris, au risque du désir

Moshe F. et Doris, au risque du désir

Moshe F. et Doris,
au risque du désir

30

MAI, 2022

Catégories

Mots-Clés

histoire
histoire de vie
récit

La lecture du livre de Moshe Feldenkrais « Le cas Doris » inspira ce texte à Basile. La subjectivité du regard posé est déroutante et tout autant heureuse.
C’était en 2018. Basile avait mis en évidence les contextes historiques des pays des 2 protagonistes : Doris et Moshe.

Aujourd’hui la guerre en Ukraine donne un écho à ce texte

Nathalie

Pour comprendre une partie de l’histoire du pays natal de Moshe F.

Moshe F. est né le 6 mai 1904 à Slavouta en Ukraine territoire qui est à cette époque sous l’autorité de la Russie impériale de Nicolas II le dernier des Tsars, lequel a été sacré empereur le 26 mai 1896 et abdiquera le 2 mars 1917, Nicolas II sera exécuté avec toute sa famille le 17 juillet 1918 à Ekaterinbourg. En 1922 après une courte période d’indépendance l’Ukraine est à nouveau annexée à l’URSS. L’URSS a été formée le 30 novembre 1922 par le congrès des soviets de Russie, de Biélorussie, d’Ukraine et de Transcaucasie ;
Cette union se prolongera jusqu’au 26 décembre 1991, c’était un état fédéral formé de 15 républiques soviétiques.

À l’été 1941 l’Ukraine est envahie par les armées allemandes, à leur arrivée les Allemands sont accueillis en libérateurs par une partie de la population ukrainienne, mais les Nazis vont rencontrer de la résistance au fur et à mesure de leur avancée vers l’est, toutefois la population juive sera anéantie par l’application brutale de la solution finale.

En 1944 sur ordre de Staline l’Ukraine est de nouveau annexée à l’URSS. Ce n’est qu’après le 24 août 1991 qu’elle obtiendra sa souveraineté politique, l’indépendance complète sera proclamée le 1er décembre 1991. Moshe F. lui va vivre en France à partir de 1928 où il enseignera. Il vivra aussi en Angleterre et bien sûr en Israël. Il enseignera aux Etats-Unis.

Pour comprendre une partie de l’histoire du pays de Doris

L’état confédéral Suisse d’après un rapport commandité par le congrès Juif mondial en 1996, aurait blanchi 85 % de l’or des Nazis. Le gouvernement Suisse a livré des milliers de juifs à une mort certaine. Il a été de fait un partenaire actif et silencieux au service des criminels Nazis. Non par idéologie raciste, mais par pure vénalité. Ces accusations sont basées sur des documents accablants provenant des archives autrichiennes, allemandes, britanniques et américaines. Ils corroborent les révélations faites par le congrès Juifs mondial à l’été 1996.

Moshe F. et Doris au risque du désir

Moshe F. quitte l’Ukraine en 1918 il a 14 ans, il rejoint la Palestine alors sous mandat britannique où il sera maçon, puis il vient en France où il devient docteur en physique et ingénieur en mécanique, il travaillera avec le professeur Paul Langevin et sera l’assistant de Frédéric Joliot Curie. En 1940 quand les Allemands envahissent Paris il prend un bateau pour l’Angleterre.
Sauvé des eaux c’est ce que veut dire Moshe en revanche un « doris » (du grec cadeau et Dieu) est une barque qui était utilisée par les pêcheurs de morues, sur les bancs de Terre-Neuve jusqu’au début du XXème siècle aujourd’hui l’embarcation qui lui ressemble le plus serait le dériveur. Pourquoi ce détour parce que nos prénoms véhiculent le désir de ceux qui les choisissent, le plus souvent, les parents du futur petit être à venir. Et ces deux là Moshe F. et Doris devaient se rencontrer, une rencontre se produit souvent sur un parallélisme, là celui de leurs prénoms, mais toujours au niveau du désir, et qu’une embarcation à la dérive rencontre un sauvé des eaux c’est presque de la magie, réfléchissez vous verrez le désir c’est pareil pour nous.

Au moment où ils se rencontrent en Suisse en 1977, Moshe F. a 73 ans et Doris à 60 ans, et la très savante médecine occidentale n’a rien pu pour elle. A première vue Moshe F. diagnostique un cas désespéré… Et une profonde dépression, pourtant il l’ausculte pendant trois quart d’heure, lui fait écrire des chiffres en guidant sa main et il parvient à les lui faire lire, deux fonctions, la lecture, et l’écriture qu’elle avait complètement perdue, force est de constater que Moshe F. n’est pas le premier venu, et qu’il a une profonde empathie pour ses semblables, même pour les citoyens de la Suisse Allemande. Il faut savoir que Moshe F. est né en Ukraine et qu’il est juif, au moment de sa naissance ce pays fait partie de l’empire Russe du Tsar Nicolas II. En 1922 l’Ukraine sera annexé à l’URSS de Lénine, et en juin 1941 au III Reich.
À l’été 1941 les Ukrainiens accueillent l’arrivée des troupes d’occupations allemandes comme des libérateurs, certains d’entre eux vont êtres des auxiliaires zélés des Nazis dans les camps de la mort, la répression des juifs en Ukraine fut impitoyable, ce que le jeune Moshe F. n’ignore pas. Il faut aussi dire que la neutralité de la Suisse n’est pas aussi limpide qu’on nous l’a présentée l’état confédéral Suisse aurait blanchi 85 % de « l’or des Nazis » Mais revenons à Moshe F. et Doris au bout de quelques séances Moshe F. n’est pas sûr du tout de pouvoir vraiment améliorer la vie de Doris mais il pense qu’il faudrait pour obtenir quelques résultats probants, une séance par jour pendant un an, qu’il vit à Tel-Aviv-Jaffa où il enseigne.

Enfin qu’il ne peut exercer ses talents sur Doris que dans son pays.
Il propose donc à Doris de le rejoindre en terre promise. Doris accepte ce défi (contenant le désir de Moshe F.) d’aller vivre dans un pays qu’elle ne connaît pas, dont elle ignore la langue, c’est une réelle complication de vivre dans ses conditions. Elle est polyglotte et parle sans doute l’anglais, cette langue est pratiquée par un bon nombre d’israéliens (elle ira en Israël accompagnée de sa sœur, rappelons que Doris n’a rien perdu de son expression orale ni de son intelligence).
Doris va aussi accepter que les étudiants de Moshe assistent aux séances puisque Moshe F. enseigne. En contrepartie Moshe F. veillera à ce que l’intimité de Doris soit scrupuleusement respectée et exclura les étudiants de certaines séances. Moshe F. est un homme distingué puisqu’il va accepter que la langue qu’ils vont utiliser pour leurs échanges soit l’Allemand langue qu’il dit mal maîtriser, et qui est celle des bourreaux, (là c’est Moshe F. qui de nouveau va vers le désir de Doris) et ce n’est pas pour lui un mince sacrifice, sachant qu’il maîtrise parfaitement par ailleurs plusieurs langues Européennes…

Moshe F. va d’abord rééduquer la latéralisation de Doris et ses déplacements afin de lui éviter de se cogner dans les meubles, lui réapprendre à sortir par la bonne porte. Il la positionne souvent sur la table d’examen en situation où le corps est contenu de partout et débarrassé de la nécessité habituelle de résister à la pesanteur. Il ira même jusqu’à la trouver belle ce dont je ne doute pas un seul instant et cela permet au désir de pointer son nez, si je puis dire.
Au fond c’est un peu la rencontre de deux naufragés, deux survivants. A la fin de la cure Doris aura presque tout récupéré de ses facultés et elle rentrera chez elle à Zurich.

C’est précisément, là à Zurich, juste devant la gare qu’elle croisera Moshe F. une dernière fois, et comme souvent à la fin d’une histoire d’amour il y a la proximité d’une gare, ils se sont quittés sur le traditionnel : « j’ai été heureux de vous rencontrer » …

Si ce n’est pas l’amour, Dieu que ça lui ressemble. Comme le chantait autrefois la divine Juliette.

Basile B. Pratiquant le Feldenkrais à Marseille

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Il suffit d’un geste

Il suffit d’un geste

Il suffit

d’un geste

15

Juin, 2021

Auteur

Nathalie Touaty

Catégories

Mots Clefs

imagination,
apprentissage,
gestes,
mots

Pour permettre une expérience somatique, la praticienne Feldenkrais invite chaque personne à sentir, vivre, se ressentir en explorant des processus de mouvements, à explorer une succession de mouvements qui forment un tout.
C’est une expérience en tant que personne singulière dans sa subjectivité.
Dans la pratique de la Prise de conscience par le mouvement (PCM), le mouvement n’est pas un objet extérieur à soi, un exercice qu’on s’applique, ni un but en soi. Le mouvement est un moyen. Et nous développons des variations autour d’un mouvement qui sont autant de façons possibles de faire le mouvement. Ces choix font que le mouvement s’organise, devient facile, élégant.

La praticienne guide par les mots, par un phrasé qui varie en rythme, tonicité. Elle engage son propre tonus, sa perception, son observation et son attention tout en décrivant les directions du mouvement, les éléments anatomiques, les relations, la qualité du geste. La séance devient un processus qui met la personne en mouvement de la tête aux pieds.
Ce processus développe les qualités liées au geste mais aussi les qualités d’attention, de sensation, de perception. Pendant une séance de la méthode Feldenkrais™, on sent, ressent, perçoit et pense et agit en un seul geste.

Les mots choisis et utilisés ont leur poids ; inviter à sentir, guider le sens des directions, clarifier l’anatomie, et comment se créent les relations entre, par exemple, les épaules et le bassin… Nourrir la qualité de mouvement : des notions comme le poids, l’énergie, l’espace, la densité, le volume, les différentes variations de vitesse de lenteur deviennent vécues. Ce ne sont plus de vains mots ou concepts et il n’est pas nécessaire d’être « experts en mouvement » pour accéder à ce vécu : dès la première séance, l’accès, la porte est ouverte.
Les mots – vocabulaire du mouvement – deviennent les ingrédients d’un plat à goûter par plaisir. Ils deviennent les fils colorés d’un tissage sur lequel la personne allongée, pendant la séance, vient s’appuyer.
Cette séance, pourtant commune et partagée avec les autres à nos côtés, devient singulière. L’attention de la personne vient éclairer ce qu’elle sent, ressent, perçoit, nourrit sa recherche, son exploration son besoin. Sans le chercher volontairement, consciemment : c’est de l’ordre de cette plasticité neuronale, une souplesse du cerveau qui sait prendre ce dont notre système tout entier a besoin pour sa propre autorégulation.

Ce vendredi matin, 27 mai à 9 heures, c’est une séance sur les mouvements de la colonne vertébrale, sur l’organisation des courbes. Les élèves sont sur le dos. Au cours de la séance Prise de conscience par le mouvement, la colonne vertébrale vient dessiner un C, un S. La personne prend conscience des liens entre le bassin et la tête, la force – sans l’effort ! – qui se distribue le long de la colonne. Le bassin peut pousser la tête loin des épaules, peut l’amener à lui selon qu’il bascule vers les talons vers la tête. Dans cette leçon – leçon car nous apprenons de façon organique par l’expérience du mouvement – un des enjeux c’est que la personne puisse sentir sa colonne vertébrale varier dans le dessin des courbes, passer de la flexion à l’extension, dans son ensemble ; puis que la colonne vertébrale lombaire puisse aller en flexion pendant que la colonne vertébrale thoracique peut aller en extension et réversiblement.
La praticienne ajoute des contraintes, des variations de mouvements qui aident le processus global, mais elle ajoute aussi des éléments de perception intérieure et guide de façon à ce que plus de soi-même s’engage dans le mouvement, vers une image de soi plus complète.
Les mots deviennent touchants et peuvent provoquer un entendement…
Nous passons sur le côté ; changer la configuration, le rapport gravitaire, la situation de repères dans l’espace vient modeler la plasticité cérébrale. De par ce changement, certaines personnes ne trouvent plus le mouvement, l’effort arrive dans la musculature, le bassin et les jambes s’agrippent l’un à l’autre.
C’est dès lors que l’imagination va venir soutenir l’apprentissage et le mouvement. Un imaginaire du geste s’invente en venant s’imaginer poser les pieds sur un sol à l’arrière de soi (nous sommes sur le côté). M.H. se sert de cet imaginaire en action ; elle viendra diriger son mouvement en se représentant ce sol et en le créant en elle. Tout son mouvement se clarifie, la colonne vertébrale retrouve la mobilité et l’organisation du mouvement – et comme sur le dos – se fait sans encombres, délicatement. Et d’avoir modifier le rapport de soi à l’espace et au sol, aidera M.H. à laisser quelques vertèbres au niveau d’une partie de la cage thoracique à se mobiliser s’inclure dans le mouvement.

L’imaginaire du geste et l’imagination sont des multiplicateurs de la qualité du mouvement.
L’imagination est un support à l’apprentissage.

Et il suffit d’un geste, ici d’un mot. Un mot touchant, comme un geste de toucher éveille crée un entendement chez la personne.
Comme l’a dit M.H., il a suffit « d’un bout de bois » derrière les pieds pour que son action devienne un acte orienté.

1- L’imagination comme modèle d’apprentissage, notion et concept développé lors d’une post-formation par Mme Sabine Pfeffer, formatrice de la méthode Feldenkrais

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PÉDAGOGIE
Comme il faut,
c’est tout faux!…