par Nathalie Touaty | Sep 16, 2026 | Expressions, Pédagogie
Le Feldenkrais :
entre mythe et réalité*
La pratique de la méthode Feldenkrais vient très souvent [mais pas uniquement] à l’esprit des personnes, qui après une blessure, ou du moment que certains troubles musculaires ou osseux apparaissent.
Le danseur, le sportif (blessé), la personne avec une mobilité de moins en moins facile à réveiller, viennent chercher une pratique douce, relaxante.
Au fil du temps, la méthode devient plus connue pour ses effets que pour ce dont elle est vraiment.
Défaisons ensemble quelques mythes ou idées fausses, et comprendre cette méthode issue de la rencontre entre la science et les arts martiaux.
Le Feldenkrais: c’est ? C’est pas ?
À propos de l’étirement
Mythe : On étire les muscles doucement pour améliorer la flexibilité
Réalité : sans s’étirer , plus ou moins loin, il s’agit, il s’agit d’apprendre à organiser son mouvement différemment, au travers de l’exploration, de la sensation et la prise de conscience.
À propos de la lenteur et de la douceur
Mythe : si c’est lent ou subtil, cela ne doit être ni efficace, ni puissant
Réalité : Les mouvements exécutés lentement peuvent amener des différences subtiles plus faciles à Sentir donnant au système nerveux plus d’informations à partir desquelles apprendre.
À propos des douleurs et des blessures
Mythe : c’est seulement pour la rééducation et des personnes faisant face à des problèmes
Réalité : le Feldenkrais est pour quiconque veut améliorer sa façon de bouger, des activités quotidiennes à la danse, la pratique instrumentale, vocale, le sport et la performance.
À propos du praticien, de son savoir
Mythe : Le praticien sait ce qui est bon pour vous et vous corrige
Réalité : la méthode Feldenkrais n’est pas une méthode corrective. Avec la voix ou le toucher, le praticien crée les conditions pour que votre système nerveux découvre des chemins de mouvement et d’action plus confortables et efficaces pour mieux bouger et être mieux.
À propos des façons de bouger
Mythe : la méthode Feldenkrais permet de trouver une façon idéale de bouger et de la reproduire
Réalité : en Feldenkrais, il s’agit de développer des options, de liberté, de choix, d’adaptabilité.Cela aide le système nerveux à être plus conscient, plus attentif, plus flexible et apte à ce que la vie apporte.
Notes :
* – Article inspiré d’un post sur Instagram , de la fédération australienne de la méthode Feldenkrais®
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par Nathalie Touaty | Avr 4, 2025 | Expressions, Pédagogie
« Awareness through Movement «
De quelle conscience s’agit-il ? Ou ne serais-ce pas plusieurs consciences ?
La leçon en groupe de la méthode Feldenkrais® nommée « Prise de conscience par le Mouvement »,suit un processus de coordinations, a son vocabulaire propre afin de guider le mouvement ; c’est aussi un processus qui nous entraîne à porter notre attention. Curieux-ses de nous-mêmes, nous entrons dans une forme d’intimité, de connaissance profonde.
Qu’on soit allongé-e au sol, assis-e d’une façon ou d’une autre, parfois debout, le cours se déroule avec une prise de contact avec soi-même, de l’observation et de l’écoute.Des repères s’installent sur lesquels le geste , le mouvement peuvent se développer. Guidé-e par la voix de l’enseignant-e, l’attention à soi au travers du mouvement se produit.
Pour cette expérience exploratoire ou expérimentation de la « Prise de Conscience par le Mouvement », de quelle conscience parlons-nous ?
Si en anglais 2 mots relèvent des deux définitions distinctes : « consciousness » et « awareness », le français n’a qu’un seul mot qui doit être compléter : en effet nous pourrions distinguer plusieurs consciences, plusieurs états de conscience.
Il y a la conscience de nos actes , qui peut devenir une conscience morale selon notre propre système de valeur.
Il y a la conscience comme savoir : elle s’oppose à l’ignorance ; elle peut aussi être une conscience de la connaissance qui conjugue celle des actes et celle d’un savoir crée par l’expérience, par de l’expérimentation.
Puis il y a une conscience d’éveil qui indique un état de présence à la réalité, qui est rarement stable.
Celle que nous traversons en Feldenkrais , lors d’une « Prise de conscience par le mouvement », pourrait être à la fois un état de corps qui nous rend présent à la réalité. Et si parfois on s’évade dans une rêverie, ou dans les pensées des soucis quotidiens, un état de présence, de se sentir disponible, s’invite de plus en plus rapidement, et fréquemment, par une pratique régulière. Le contact au sol, donner son poids au sol, deviennent les prémisses de cette présence spontanée à soi-même.
L’enseignant-e nous invite à sentir. Si ce sentir peut paraître mystérieux, ou lointain et nombre d’entre vous m’indique qu’il peut l’être, nous pouvons au cours de la leçon reprendre contact avec la sensation, avec un sentiment d’habiter notre corps.Ces moments où l’on passe d’une observation de soi extérieure , à une conscience comme sensation deviennent un puzzle qui de leçons en leçons, nourrit une image de soi plus complète.
Avec le mouvement nous pouvons prendre conscience des actions demandées, dans une attention affinée de nos coordinations, de l’intention que nous avons du geste, de la manière dont on l’agit. Nos façons de faire s’agrandissent et nous élargissent ; les habitudes sont plus souples.
La clé c’est « awareness » : que l’on peut traduire par l’attention vigilante. Cette attention peut être dirigée vers une partie de soi-même ; elle peut souligner une sensation, elle peut être plus globale, enveloppante. Cette attention vigilante mobilise non seulement une énergie mais mobilise un engagement dans l’action et sa qualité : la lenteur, l’écoute le contact à soi créent un « être avec » : nous sommes avec l’appui du sol , avec ce qui freine dans le mouvement, avec les limitations qui se lèvent, les mobilités nouvelles et ajustées aux anciennes, les habitudes et les mouvements non-habituels. Cette attention dans un « être avec », apporte calme et détente.
La conscience de soi, réflexive, à ce à quoi et par quoi nous avons pris conscience (des représentations, des habitudes, des potentiels ) vient objectiver la leçon tout en percevant un sentiment intérieur immédiat, dans un contact à soi immédiat : on se sent touché en soi, par soi-même.
Au moment de la fin de la leçon, des signes de retrait de l’enseignant-e sont perçues par l’élève. Des signes donnés par la voix, le rythme, la tonalité, un silence, voir même un rituel verbal pour clôturer, permettent à la personne de se retirer de cet engagement, de laisser l’attention se décentrer un peu d’elle-même pour se centrer sur l’environnement. L’état de corps modifié, le tonus modifié , la personne se lève et prend conscience de changements.
La leçon s’assimile et elle continuera d’être assimilée acceptée, dans la marche, au-dehors.
par Nathalie Touaty | Avr 9, 2024 | Audios, Expressions
Sport et Feldenkrais :
une autre voie pour la performance
Les Jeux olympiques 2024 vont bientôt s’ouvrir. Le sport de très haut niveau va devenir spectacle pour le plaisir de tous ; le public va s’émerveiller : les yeux vont briller d’émotions.
Derrière ces moments, il y a beaucoup de sacrifices, d’ascétisme, de volonté de soi.
La méthode Feldenkrais, qui est bien plus qu’une gymnastique intelligente, une mise en
mouvement, permet de développer les capacités physiques, mentales et émotionnelles d’une autremanière.
« We do not want to strengthen the will, but the ability » nous dit Moshe Feldenkrais
Le corps, une unité somato-physique et psychique
Le corps est souvent – et malheureusement – vu et vécu comme un outil, un moyen pour arriver à nos objectifs. Cela est pourtant loin de la réalité.
Le corps est un ensemble physiologique sans lequel notre cerveau ne pourrait pas fonctionner.
Cette unité corps-esprit s’éloigne d’une pensée magique qui nous amènerait à créer des états de conscience particuliers…
Et pourtant nos corps résonnent et changent d’état selon ce qu’on vit ; l’environnement physique, social et émotionnel dans lequel nous vivons entraînent des attitudes perceptives et sensorielles propre à chacune, chacun.
Nos expériences de mouvements, d’espace, les autorisations parentales et autres ont conduit à des autorisations personnelles qui nous permettent d’appréhender le monde qui nous entoure, les relations.
Quand on pratique un sport, ou un art il s’agit en premier lieu d’apprendre des coordinations, des techniques, puis de devenir expert, de trouver son style, et sa relation aux limites comme à ses succès. Nous pouvons observer nos postures, nos souplesses et nos manques de souplesse, nos mobilités et nos absences de mobilité.
Il est peu interrogé le fait que certaines potentialités ne sont pas à débloquer par un surentrainement, par plus d’efforts pour y arriver mais qu’elles peuvent être libérées par des stratégies.
Le sportif ou l’artiste – comme le danseur ou le musicien, le circassien – passe des paliers, s’améliore puis son apprentissage peut cesser, par exemple, soit à cause d’une blessure, soit par un manque de plaisir, soit par l’incapacité à changer des habitudes gestuelles.
Pour cet apprentissage s’organise un dialogue intérieur : le prix à payer pour devenir meilleur, plus performant tout en gardant – si possible- le plaisir.
Que se passe-t-il quand nous atteignons un plafond ?
Que la performance soit sportive ou artistique, les sportifs et les artistes connaissent au cours de leur carrière un palier difficile à franchir.
Alors on cherche à améliorer la posture, on cherche à augmenter sa masse musculaire, on augmente sa résistance musculaire, on augmente l’endurance.
Mais que se passe-t-il quand le sportif ne peut dépasser le seuil de certaines compétences expressives et de coordination, le seuil de certains résultats ?
Que se passe- t-il quand le sportif a développé une compétence technique optimale mais qu’un seuil ne peut être dépassé ?
À quoi ça tient-il ? Ça peut se jouer … à rien…
Les danseurs, les comédiens, les chanteurs pratiquent pour beaucoup des méthodes d’éducation somatique. Ils y trouvent une autre façon de s’échauffer, sans forcer sur la musculature ce qui libèrent des tensions, et à long terme des mémoires traumatiques comme les blessures physiques.
Ils y trouvent un nouveau dialogue avec leur tonus. Ils prennent conscience de la manière dont leurs gestes se font: la prise d’appui pour une coordination complexe, les habitudes posturales, la façon de respirer.
Ils cherchent à modifier les pré-mouvements (une pré-organisation posturale et intentionnelle nécessaire au geste) à trouver ceux qui soutiennent l’expressivité, à changer leur imaginaire du geste.
Depuis plusieurs années, s’entraîner à un très haut niveau ne s’arrête plus au seul travail technique et musculaire. Les coachs utilisent le sensible par du dialogue verbal, du soutien psychologique, des techniques de visualisations et des approches neurocognitives sont intégrées.
Avec la méthode Feldenkrais, nous partons de ce que le sportif sait faire, dans l’aisance. A partir de la prise de conscience de comment il, elle s’organise dans son niveau optimal, nous créons des transferts d’apprentissage vers ce qui est moins performant ou ce qui s’inhibe involontairement et devient absent du geste, ou un geste manquant 2 .
Si par exemple, pour faire une pirouette qui finira en chute, la difficulté n’est ni de tomber, ni de faire la pirouette , mais ce passage qui doit se faire rapidement : est-ce que la tête tient trop ?
Est-ce un bras qui anticipe et par là même empêche?
Ou si un nageur tourne la tête d’une fraction de seconde en retard ce ne sont pas ses cervicales, ou sa musculature qui ne répondent pas, mais peut-être est-ce sa respiration, ou sa manière de
prendre appui sur l’eau qui pourrait changer ? Est-ce que l’apprentissage d’une coordination subtile entre les yeux et la respiration viendrait l’aider et l’améliorer ?
Ces questions trouvent leur réponse dans un dialogue entre le praticien et l’élève : un dialogue verbal et par le toucher vient développer les stratégies de mouvement pour modifier une habitude et trouver l’accès à l’amélioration.
C’est un changement dans le vécu. En modifiant l’accès à la technique, en jouant avec l’environnement et l’imaginaire du geste, on développe une disponibilité bien utile à la performance.
La recherche en sport confirme cela
Une étude a montré que les plus grandes performances sont dues à un état de disponibilité optimum.
Quel est cet état ? C’est un dialogue tonico-postural qui s’exprime par : une capacité à agir dans toutes les directions, à pouvoir changer de direction au cours de l’action, à n’avoir aucune pensée parasite.
Comment ne pas créer ces parasites ? C’est un regard ouvert, c’est une stabilité-mobilité dans la posture. Cela passe par un travail de multiplications des coordinations, de l’ouverture de la perception par des entrées d’attention à soi variées.
Si l’état du sportif est trop dans la concentration, il perd une disponibilité et une adaptation ; si son intention du geste se dirige uniquement sur le résultat il y perdra son énergie par trop d’effort volontaire.
Dans un article 3 ,
« le simple fait de se tenir debout… », Thierry Paillard de l’Université de Pau et de l’Adour, chercheur neurophysiologiste, établit les paramètres de ce debout.
Travailler sur la proprioception et sur l’attention permet de développer la capacité à traiter les informations qui nous arrivent de l’extérieur et aussi de l’intérieur. C’est source de capacités à agir, à choisir.
Par la pratique sportive nous pouvons améliorer notre capacité à être debout, en équilibre mais aussi comme sportif en améliorant les différentes entrées sensorielles, attentionnelles et perceptives nous pouvons atteindre d’autres résultats en nous économisant, avec une meilleure énergie, régulée et une récupération physique et émotionnelle plus complète.
Pratiquer la méthode Feldenkrais™ – comme d’autres méthodes d’éducation somatique- n’est pas antinomique avec l’entraînement classique mais bien complémentaire.
Cela contribue au plaisir et au désir de poursuivre sa pratique.
Notes :
1 – Moshe Feldenkrais naît en Ukraine le 6 mai 1904 et décède à Tel Aviv en 1984 ; il créa la méthode à partir de son expérience d’expert en judo, de ses recherches en neurosciences et en pédagogie du mouvement
ayant été lui-même chercheur en science physique.
2 – Notion empruntée à Hubert Godard, maître de conférence à l’Université Paris8, analyste du mouvement dansé
Extrait d’un cours debout
Offert par Nathalie Touaty
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par Nathalie Touaty | Juil 28, 2022 | Expressions
Retours sur le stage d’été 2022
Des témoignages riches par leur différence ; ils ont toute leur place dans ce blog !
Merci à tous les participants
« J’ai apprécié la différence entre les séances intériorisées et les séances dynamiques. En sortant de
l’intériorité, on voit la finalité de la méthode, et son apport pour le quotdien. Je me sens mieux après un
surmenage corporel. »
Patrick
« Pour ces moments qui m’habitent et m’enivrent, merci. »
Béatrice
« Très contente; j’ai un sentiment d’ouverture. Je ne pensais pas être aussi libre dans une contrainte et
gagner en liberté dans la contrainte ! »
Elisabeth
« À la fin du stage , je respire mieux et je peux jouer avec le ballon de la respiration. »
M-N
« J’ai une conscience très forte de mon squelette après ce stage. »
Noëlle
« Bonne ambiance de groupe. L’alternance de séances intériorisées et dynamiques a créé du renouveau.
J’ai vue que je progressais chaque jour, avec légèreté et en confiance. »
Rosalie
« Merci, Le chemin parcouru permet de déterminer le chemin à parcourir. »
Gabriel
« Assez flou , vers quoi cela peut aller. L’intériorité est ma zone de confort. Mais avec les séances dynamiques, un potentiel s’ouvre. »
Brigitte
« C’est très confortable de ne pas mettre de mots pendant les séances. Quand on a conscience des détails, des choses fines, changer de point de vue sur le mouvement de l’intérieur m’a intéressée…en ne s’occupant pas de l’extérieur. »
Katerini
« Nouvelles découvertes , ou retrouvailles ? Des possibles ont émergé que j’avais imaginé comme impossibles, ou plus possibles. Grâce au travail avec toi, aux rencontres qui ont donné envie de poursuivre, d’oser. J’ai retrouvé des sensations dans l’audace : des parties de moi retrouvées : ça donne de l’espoir. Je vois le bénéfice d’un stage intensif, et la complémentairité avec la marche. »
Anne
« Ce stage long, avec la succession de séances intériorisées et dynamiques, a été réjouissant et mobilisant. J’ai dépassé des peurs. J’ai été aussi différente dans mes habitudes avec le groupe. »
Isabelle
« C’est une grande découverte mais cela est restée difficile : surtout les séances intériorisées. Peut-être venir en séance individuelle serait une bonne chose ? »
Laurence
« Pour la 1ère fois, je finis le stage en ayant la pêche, positive. Ce qui me convient le mieux c’est ce qui est intériorisé ; les grands mouvements me coûtent. »
Régine
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